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Comment lire les croquis des témoins

La défense de Pascal SIMBIKANGWA s’est attachée à démonter la validité des témoignages des gardiens de barrières de Kyiovu, notamment au prétexte qu’ils ne savent pas se repérer sur un plan.

Certes, leurs croquis ne sortent pas de manuels de géographie et témoignent de leur très faible niveau d’instruction.
Pour autant, en les remettant simplement « à l’endroit », c’est à dire suivant nos conventions, orientés avec le Nord vers le haut, et en repassant un peu de couleur sur leurs traits de dessins, on s’aperçoit qu’ils ont assez fidèlement reproduit la topographie des lieux.

Ici, le croquis de Diogène NYIRISHEMA tel que produit dans le dossier :

croquis Diogène NYIRISHEMA
croquis Diogène NYIRISHEMA

ici, un simple retournement de l’image colorisée, en face du plan du quartier de 1994 :

analyse croquis DIOGENE  NYIRISHEMA
analyse croquis DIOGENE
NYIRISHEMA

Il en va de même avec le dessin de Joël GATARASI, peu clair à première vue :
croquis J. GATASARIOn comprend que ce croquis a été dessiné comme si le témoin marchait dans la rue, et non en plan masse, vu d’avion. Là aussi, il est aisé de redonner un sens au schéma :
Analyse croquis J. GATASARI

 

 

Pas de barrières à Kyiovu-les riches ?

Pascal SIMBIKANGWA, qui n’a rien vu durant ce génocide, et sûrement pas les morts, Pascal SIMBIKANGWA, qui n’a pas senti l’odeur de leurs corps lorsqu’il passait devant des bûchers improvisés aux barrières, Pascal SIMBIKANGWA, qui prétend que, dans son quartier, il n’y avait qu’une ou deux barrières… finira-t-il par lâcher sa posture de déni ?

Ici, un petit récapitulatif des barrières de quelques rues de Kyiovu telles que décrites par les témoins venus  au procès. Le quartier était bien protégé…

barrières Kyiovu

le « clan » HABYARIMANA

Ci-après un organigramme simplifié du noyau dur de l’entourage du Président HABYARIMANA … et de son cousin au deuxième degré, Pascal SIMBIKANGWA.

 

Capture d’écran 2014-03-03 à 21.17.13

Analyse : le rapport du Colonel ROBARDEY sur le terrorisme 1990-1993

Le document présenté ici a été rédigé par le colonel ROBARDEY – ou du moins sous son autorité- pour témoigner des attentats commis au Rwanda entre 1990 et 1993.

Un support de contre-propagande

Pour mémoire, et situer le contexte dans lequel le colonel de gendarmerie écrit ce rapport, nous rappelons ce passage du livre de Pierre Péan « Noires fureurs, blancs menteurs », (pp 168 et 169) dont le Colonel ROBARDEY ne met pas en cause le contenu (il a même admis à l’audience avoir participé à la rédaction de ce chapitre)  :

« Alors même que les décideurs politiques doutent de la politique française au Rwanda, Lanxade, Quesnot et Huchon, conscients du déficit de leur communication face à celle du FPR, décident d’accompagner le nouvel engagement proprement militaire de la France d’une opération de communication. (…) Tout un pan de cette opération ne semble pas avoir fait l’objet de notes ni de rapports officiels ». (…)« Avant même l’arrivée du colonel du SIRPA (colonel CHARRIER NDLR) à Kigali, le colonel Delort a demandé au colonel ROBARDEY d’apporter un soin tout particulier à la collecte d’informations sur les massacres et les exactions du FPR afin de mieux contrecarrer la propagande du FPR.

C’est dans ce contexte que le Colonel ROBARDEY rédige son rapport intitulé « Étude sur le terrorisme au Rwanda depuis 1990 ».

(à lire ici : Rapport Robardey Terrorisme 1990-1993)

Des conclusions sans appel, sur la base de 21 pages dont 12 d’annexes

Le rapport désigne le FPR comme l’auteur ou l’instigateur de tous les attentats commis sur le territoire durant la période.

Une conclusion plus qu’hâtive, alors même qu’une note de la DGSE affirmerait  que plusieurs attentats ont eu comme commanditaires des proches du président désireux de discréditer le gouvernement multipartite.

On notera, au chapitre III, que les précautions liminaires :
« nombreux sont les attentats où aucune constatation n’a été faite », sont balayées sans hésitation quelques lignes plus bas :
« Malgré toutes ces difficultés, les investigations menées par la gendarmerie rwandaise ont permis d’obtenir des résultats certains et de dégager quelques idées quant à l’origine et la motivation des poseurs de bombes ».
Des certitudes bien excessives, selon l’ambassadeur Martres, qui estime quant à lui que la formation OPJ n’a pas permis de progrès dans l’élucidation des attentats.

A lire, donc, pour comprendre comment un simple rapport a permis d’étayer cette dialectique implacable et inique, selon laquelle les massacres de Tutsi -et, partant, le génocide lui même- ne constituerait qu’une réaction « spontanée », d’une population « exaspérée » face aux attentats du FPR.

Stéphanie  Monsénégo

Rapport Robardey Terrorisme 1990-1993

Ici, les deux livres de Pascal SIMBIKANGWA

Afin de mieux prendre connaissance de la pensée de Pascal SIMBIKANGWA, son  parcours personnel, ses valeurs… vous trouverez ci-après les deux ouvrages qu’il a écrits :

L’homme et sa croix

une autobiographie publiée en décembre 1989, suite à son accident de voiture. (en six parties)

L’hommeEtSacroix1 L’hommeEtSacroix2 L’hommeEtSacroix3L’hommeEtSacroix4 L’hommeEtSacroix5 L’hommeEtSacroix6

La guerre d’octobre

son récit de l’attaque du FPR, en octobre 1990 (en deux parties)

La Guerred’OctobrePart1La Guerred’Octobre part2

Quand Pascal SIMBIKANGWA menaçait le Président de la Cour constitutionnelle

Lettre de J.KAVARUGANDA,
Président de la Cour constitutionnelle,
au président HABYARIMANA

A moins d’un mois du déclenchement du génocide, Pascal SIMBIKANGWA, loin d’être le « chômeur », mis au placard par la Primature qu’il prétendait être, gardait toute sa capacité d’intimidation… voire plus.

Privé de l’exercice de ses talents sur les journalistes d’opposition, il semble avoir reporté ses ambitions sur des cibles de plus haut rang.

Dans une lettre au Président de la République, le 23 mars 1994, Joseph KAVARUGANDA, Président de la Cour constitutionnelle, dénonçait en effet les menaces de mort proférées à son encontre par Pascal SIMBIKANGWA ainsi que les intimidations  dont il faisait l’objet.

Des menaces qui n’ont pas tardé à être mises en application, puisque le Président de la Cour constitutionnelle a fait partie des premières victimes du génocide, assassiné le 7 avril 1994.

La publication de cette lettre dans le journal ISIBOISIBO(s:KAVARUGANDA), le 28 mars 1994, n’a malheureusement pas protégé son auteur, ce qui témoigne bien du climat d’impunité qui prévalait à l’époque à Kigali.

ISIBO(s:KAVARUGANDA)imageISIBO(s:KAVARUGANDA) im2

 

Le « tortionnaire » vu par la presse rwandaise

Jean Pierre Chrétien témoignera ce matin, notamment sur les médias du génocide. Nous verrons combien Pascal SIMBIKANGWA, loin d’être l’obscur fonctionnaire qu’il prétend être, disposait d’une solide réputation dans la presse d’opposition, dont les illustrations sont explicites.

La presse d'opposition, tenue en laisse par le capitaine SIMBIKANGWA - RwandaRushya#16_1992

La presse d’opposition, tenue en laisse par la capitaine SIMBIKANGWA – RwandaRushya n°16 – janvier 1992

Dans RwandaRysusha n°19, en mars 1992, Joseph MUDATSIKIRA décrivait « LaDétressed’unJournaliste » au Rwanda, un article qui décrit bien le contexte de l’époque.

La presse, écartelée entre le procureur, le SCR, la "crimino" et la prison. RwandaRushya n°19 -1992
La presse, écartelée entre le procureur, le SCR, la « crimino » et la prison. RwandaRushya n°19 -1992

Pascal SIMBIKANGWA, auteur en 1989 de « L’homme et sa croix » est chargé d’un lourd passif.

Umurangi n°5 - fev92
Umurangi n°5 – fev92

Entre 1992 et 1993, le développement des journaux d’opposition apparaît plus comme une concession à la façade de démocratisation du pays qu’une réelle avancée en faveur de la liberté de la presse.
Le SCR -et, à sa tête, le capitaine SIMBIKANGWA- sont là pour « veiller » sur les journalistes : de nombreux journaux d’opposition, comme Kanguka,  sont régulièrement saisis, des journalistes, comme Vincent RWABUKWISI de Kanguka ou François Xavier HANGIMANA, de Ijambo, se voient fréquemment arrêtés et traînés devant les tribunaux aux motifs de diffamation ou de « d’atteinte au moral de l’armée ».
Jean Pierre Thaddée NSENGIYAREMYE, a quant à lui écopé de 4 ans ferme pour une avoir produit une caricature représentant Pascal SIMBIKANGWA. La tension est monté d’un cran après la publication d’une caricature évoquant les méthodes sanglantes du gouvernement dans KIBERINKA.

Le président HABYARIMANA, célèbre une messe sanglante. Au premier plan, Pascal SIMBIKANGWA, reconnaissable dans sa chaise roulante. Kiberinka n°5 - decembre1991
Le président HABYARIMANA, célèbre une messe sanglante. Au premier plan, Pascal SIMBIKANGWA, reconnaissable dans sa chaise roulante. Kiberinka n°5 – decembre1991

Le lendemain de la parution, le 1er décembre 1991, la Radio Nationale a diffusé un bulletin de l’armée indiquant que les articles « orientés » de la presse d’opposition mettaient en péril les FAR dans la guérilla contre le FPR.
Le 3 décembre,  Boniface NTAWUYRTUSHINTEGE, rédacteur en chef de la revue UMURANGI était arrêté et torturé, puis relâché le lendemain.

Boniface NTAWUYRTUSHINTEGE torturé par le capitaine SIMBIKANGWA - Umurangi n°5 - 1992
Boniface NTAWUYRTUSHINTEGE torturé par le capitaine SIMBIKANGWA – Umurangi n°5 – 1992

Le 6 décembre, se fut au tour de plusieurs autres journalistes. Certains ont préféré fuir de peur de subir le même sort.

Kangura n°6 : une publication sous la responsabilité de Pascal SIMBIKANGWA

Contrairement à ce que M. SIMBIKANGWA affirmait hier, les 10 commandements du Hutu, brûlot extrémiste et raciste, est bien paru en décembre 1990, alors qu’il était en charge de la surveillance des médias…
Une surveillance à géométrie variable ?

Une de Kangura n°6Pour voir l’intégralité du magazine, cliquez ici : KANGURA n°6