6 mars – Relocaliser une justice internationale ?

Après avoir tenté, en vain, de faire annuler le procès au premier jour d’ouverture des audiences, les avocats de la défense tentent, à mois de 48h de la fin de l’audition des témoins, d’obtenir un transport de la cour… à Kigali !

Un peu paradoxal de la part de la défense de vouloir que s’opère la manifestation de la vérité dans un pays dans laquelle elle prétend que la justice est « manipulée ».

Me EPSTEIN plaide sa demande de déplacement sur les lieux au motif de
« vérifier les faits de manière claire … pour constater les discordances entre le témoignages qui ont été donnés et ce qui peut être constaté de visu… Où étaient situées les barrières, par exemple ? »

Une question difficile, vingt ans après. Même le centre de recherches du mémorial de Kigali n’a pas encore pu recenser l’ensemble des barrières érigées dans la capitale.
Mis à part les très grands barrages, installés en permanence aux carrefours stratégiques de la ville,  les autres barrières étaient en effet mouvantes, fluctuantes dans l’espace et dans le temps.

En outre, comme le fait remarquer Me PHILLIPART pour le CPCR,
« contrairement à ce que dit la défense, les témoins ont réussi à se localiser, ils ont réussi à se positionner la maison de Z, la maison de SIMBIKANGWA… même Diogène a reconnu l’emplacement de la maison… »

Derrière cette demande, qualifiée de manœuvre dilatoire par les avocats des parties civiles, se préparent tout simplement les plaidoiries de la défense de la semaine prochaine, et leur thème récurrent, le soupçon sur la sincérité des témoignages.

La cour, après en voir délibéré a décidé de ne pas accéder à cette demande.

Stéphanie Monsénégo